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Chaque peuple obéit à certaines constantes qu'aucun changement de majorité
politique ni même de régime ne peut réellement modifier.
Il existe un « Esprit français » , il a traversé les siècles, résisté aux
différents changements de régime, survécu à plusieurs révolutions. Il s'articule autour de quelques
notions qui portent la France dans sa permanence et certaines valeurs dans ce qu'elles ont
d'éternelles.
Il en est ainsi des trois mots sacrés de la République qu'on retrouve aux
frontons des grands édifices et qui font la fierté du « génie français ». Ils méritent pourtant
qu'on s'y attarde en ce début du XXI ème siècle, qu'on y apporte quelques précisions et parfois même
certains correctifs.
Car ils sont les termes fondateurs de nos institutions, plus de notre
constitution et c'est dans leur origine et leur avenir que s'inscrit l'action de notre Mouvement « Démocrate
et Progressiste ». En effet, la liberté ne s'inscrivait pas en 1789 dans la même conjoncture,
l'égalité dans la même idéologie et la fraternité dans la même conscience.
Aujourd'hui toute liberté est libération de quelque chose, et d'abord des
entraves physiques, liberté de mouvement, liberté individuelle mais aussi liberté économique
dans des espaces dont les frontières n'ont cessé de reculer quitte à devenir virtuelles à la
mesure de l'univers que lui trace les nouveaux moyens de communication comme internet et à ses nouvelles
normes le monde informatique. La liberté est un acquis en Occident mais en politique
il n'y a que des conquêtes. Et cette conquête est la pierre angulaire de toute démocratie.
Pourtant l' « Etat Souverain », régulateur, interventionniste est souvent appelé en arbitre,
plus en renfort. Et se pose les liens ambigus et conflictuels qu'entretiennent liberté et libéralisme.
L'égalité est devenue une évidence, presque un truisme, et personne ne s'en plaindra.
L'esclavage sous toutes ses formes ayant été relégué aux rayons des
curiosités de l'histoire.
Il est pourtant un autre combat qui attend les détenteurs du pouvoir à tous les
niveaux de l'Etat et quel qu'en soit la forme .
Ce combat, c'est celui de la Défense non de l'égalité des hommes devant la loi mais de l'égalité des hommes devant la chance, une chance qui se gagne
tous les jours et se monnaye très cher.
Les disparités prennent dans le monde moderne des formes perverses et illusoires. La première des inégalités, c'est la formation, la deuxième (qui
en découle) l'orientation, la troisième, la reconnaissance des activités « fondamentales
» comme celles liées à la formation, la sécurité où la santé. Là encore, la société du virtuel
propage un certain nombre de leurres et cultive bien des valeurs artificielles faisant perdre de vue les
véritables priorités.
Ainsi par exemple aujourd'hui par la force des médias et le pouvoir de la
communication, la crédibilité a plus d'impact et donc de valeur que la compétence. Pourtant
les deux ne se rejoignent souvent pas. C'est à un mouvement politique comme le notre qu'il
incombe de veiller sur les abus de la modernité tout en facilitant son énorme potentiel.
La fraternité, enfin s'ancre aujourd'hui dans le partage des richesses et la
« Mondialisation » au lieu de nous effrayer doit nous permettre de frayer avec des hommes et des
cultures même et surtout si elles sont aux antipodes des nôtres. La fraternité, c'est
l'ouverture et le monde du XXIeme siècle est un monde ouvert. La mondialisation en est sa forme suprême.
La Mondialisation est une fraternité universelle, un partage de destin par la couverture
universelle de l'image et de toutes ses formes de transmission. La difficulté de chacun devient le
problème de tous. Un
nouveau langage universel se met en place. Il favorise une solidarité qui
n'eut jamais d'égal, le progrès traçant une courbe exponentielle, « Boule de neige » n'ira qu'en
s'accélérant une fois, deux fois, dix fois plus vite en un temps record. Gouverner, c'est prévoir
mais à la vitesse où le monde accélère, les prévisions ne sont plus bien souvent que des constats.
Ces quelques considérations fondamentales étaient nécessaires pour mieux
prendre conscience que les anciens clivages politiques et économiques obéissaient à d'autres
impératifs et qu'aujourd'hui, ils n'ont plus cours, où au prix d'un combat d'arrière garde.
Souvent le discours politique des partis semble appartenir à une histoire
révolue, continuant désespérément à se réfèrer à des principes anachroniques en s'appuyant sur
des repères qui n'ont plus cours. La « Permanence », il faut la chercher dans des valeurs communes
et des projets qui ne peuvent être que « consensuels ». Les priorités s'imposent d'elles-mêmes
quand on les débarrasse de leurs visées partisanes où électoralistes.
Un nouveau langage universel s'est déjà mis en place. Il est grand temps de
s'en apercevoir. Un nouvel « homo politicus » est déjà né même si nous ne l'avons pas vu
grandir. Il est avant tout « pragmatique », toutes les formes d'idéologies, sinistre apanage du
Vingtième siècle ayant heureusement disparues. Exit le manichéisme du collectif contre le libéral,
du sédentaire contre le nomade, de l'urbain contre le rural, du nationalisme contre l'universel. La
pratique et donc l'action politique relègue les théoriciens de tous bords au rang de simples
bibliothécaires. Ce qui ne signifie nullement la mise au rancart des intellectuels. Chacun son rôle,
chacun son poste, chacun son action. La nôtre, celle que nous incarnons reposera sur la pérennité des
grandes valeurs de la République appliquées au Monde moderne sans esprit partisan. Dans un monde
ouvert, l'ouverture se fait naturellement vers la compétence de chacun quelles que
soient ses origines ethniques, sociales où politiques. Seul compte le projet qui est toujours
dépassement et d'abord de soi-même. Notre réflexion ne sera jamais dissociable de sa mise en
pratique.
Il n'est pas question de faire table rase du passé car c'est grâce à
l'existence de cet héritage, que nous pouvons nous appuyer sur un socle historique porteur de ces valeurs
communes dont nous avons parlé. Ce qu'il faut modifier c'est la méthode pour les mettre en
valeur et leur gestion pour les mettre en place.
Rodolphe Oppenheimer,
Maire Adjoint de Clichy-la-Garenne (92).
rodolphe@oppenheimer.fr
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